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L’entreprise Braun-Casey-Siron

Une performance décloisonnante
Marie Braun, Thomas Casey, Jacques Siron   mouvements, sons, musique

Notule

Certaines entreprises spécialisées chassent les cafards, détartent les tuyaux ou reformatent les disques durs. Dans l’Entreprise Braun – Casey – Siron, on prend grand soin de votre cafard, de vos tubulures encrassées et de ce disque dur qui tourne inlassablement dans votre cervelle. Mais à ces prestations domestiques s’ajoute le ravissement de passer les murailles. On vous invite à traverser les cloisons, les parcours de vie, les Atlantiques, les générations. On déformate les disciplines artistiques dans une indiscipline jubilatoire : l’instrument fait corps, la mélodie regarde le mouvement, le geste porte la voix, flûte et contrebasse emportent les corps, sons et silences en mettent plein les mirettes.

Car l’Entreprise Braun – Casey – Siron est un laboratoire dans lequel, plutôt que de « refaire comme on a dit », on préfère faire. Prendre le risque de faire directement. On lance des conversations, on danse sur cette humeur fragile qui flotte dans l’air, on rebondit sur une proposition, on s’obstine, on prend, on lâche.

La vie est courte ! L’entreprise ne vaut-elle pas le détour ? Est-ce bien la peine de s’attarder sur les erreurs de notre tuyauterie, l’entartrage de nos habitudes, ou le cafard de ce fichu disque dur qui tourbillonne à vide dans nos cervelles ? Tendons plutôt l’oreille vers la fête qui se fait derrière les cloisons : c’est l’instant de jouer naïvement au bord de l’abîme, en mêlant allègrement l’aigre au doux.













Tranches de vie

Marie Braun flûtiste et danseuse
La française Marie Braun – appelons-la Marie – ouvre les yeux en 1977 à Genève, activité qu’elle poursuit régulièrement jusqu’à ce jour. Enfant, elle danse, puis elle flûte traversièrement. Plus tard, Marie emporte ses yeux et sa flûte dans la région parisienne. La voici médaillée d’or du Conservatoire de Strasbourg : elle y croise le compositeur Raffi Ourgandjian, qui l’éclaire par sa riche vision personnelle. L’improvisation lui en met plein les mirettes. Elle danse en stages et en master classes (Susan Buirge).
Dès 2003, Marie devient visible dans le Trio Marie Braun / Jazz d’Aujourd’hui : dès 2005, elle embouche le saxophone baryton avec La Fanfarine, ensemble dont elle mène élégamment les cinq musiciens costumés et déambulants. En 2010 elle crée La Farfalla : avec cette jeune compagnie, elle donne le spectacle Quelqu’un t’attendra au bord du chemin… créé à la Scène nationale de Mâcon.
En 2012, lors d’une résidence québécoise, elle croise le regard de Tomas Casey (spectacle «Qu’il est grand le ciel et bleu le rêve»). En 2013 et 2014 elle collabore au Macbeth d’Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil. Quand passent les nuages est son dernier projet, qui réunit des artistes italiens, bulgares, français et canadien. Ce projet regarde le monde et ses frontières, les yeux ouverts, avec quelques clins d’œil.

Thomas Casey danseur et chorégraphe
Le canadien Thomas Casey – appelons-le Casey – débute son entreprise en 1969 dans la ferme de ses parents, du côté des vastes plaines canadiennes. Dès sa venue sur Terre, il entreprend de respirer, activité qu’il poursuit régulièrement jusqu’à ce jour. À 18 ans, quitte le monde paysan pour pousser son baluchon avec le Winnipeg's Contemporary Dancers (Tom Stroud), destination Montréal. Là, il respire à fond l’air de nombreuses compagnies, dont la longue liste comprend Michel Montonaro, Pierre-Paul Savoie, Kaeja D'dance, Roher Sinha, Robert Lepage, Cirque du Soleil, Estelle Clareton. Il trouve un nouveau souffle créatif en inspirant l’air de France.
Casey joue en théâtre classique, en danse contemporaine et en cirque nouveau. Dans son baluchon, on trouve un interprète, un clown, un imaginateur, un improvisateur dont la respiration pulsante inspire à pleins poumons la beauté, l’harmonie et le danger de la Nature.

Jacques Siron contrebassiste multimédia
Le suisse Jacques Siron – appelons-le Siron – entend ses premiers sons en 1949 du côté de Genève, activité qu’il poursuit régulièrement jusqu’à ce jour. Un peu de piano et de violoncelle peuple ses premières années. Diplôme universitaire en poche, il fait la sourde oreille à une carrière pour virer gravement dans la contrebasse. Dans les profondeurs de la clé de Fa, il découvre le monde symphonique et s’entiche du jazz.
Malgré un début de calvitie, Siron prend goût à improviser librement, avec par exemple le trio Afro Garage, le quartette SMAC, en duo avec Christine Schaller. Il taquine la scène avec des danseuses (Manon Hotte, Geneviève Sorin). On l’entend donner de la voix : il pince sans rire avec des acteurs (duo aubert & siron®). Il pratique autant le spectacle mûrement répété que la performance jetée avec le risque de l'improvisation.
Siron couche aussi quelques démangeaisons de plume (ouvrages de référence — La Partition Intérieure, le Dictionnaire des Mots de la Musique), textes divers, compositions pour différents ensembles, réalisation et montage de longs-métrages — sur la ville de Rome ou sur l'Égypte. Siron entend jouer un carrousel de musiques, de sons, de gestes, de mots, d'images, de cinéma, dans un vertige jubilatoire.